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Réflexion autour de la réforme du lycée

Contribution de l'UNETP

RÉFLEXION AUTOUR DE LA RÉFORME DU LYCÉE

I- ÉLÈVES

1) CONSTAT : les filières générales, telles qu’elles existent et fonctionnent, bloquent le système en empêchant un parcours scolaire qui se construit sur des compétences en développement.

2) CONSÉQUENCE : On peut donc envisager de les supprimer et de les remplacer par un « lycée modulable » avec une différenciation des disciplines en MAJEURES et MINEURES… Cette nouvelle organisation permettrait aux élèves de disposer d’un parcours personnalisé avec des rythmes adaptés à l’évolution de chacun, selon les acquisitions, les points de force, les blocages, les difficultés… Ainsi, à l’issue des trois années du lycée, on peut raisonnablement penser que des balises de sécurité auront été placées et que la poursuite d’études dans le supérieur se fera en cohérence avec les attendus des formations post-bac (sélectives et autres). Si l’on veut réellement voir disparaître la notion de filière, une attention particulière devra être portée sur la validation des majeures.

A ce propos, il serait souhaitable d’associer à cette réforme certaines filières technologiques.

REMARQUE : le temps scolaire autrement (AI-TPE-AP-Enseignement d’exploration en seconde…) dont la dimension autonomisante et formatrice n’est plus à démontrer, ainsi que le travail sur l’orientation doivent être sauvegardés.

3) Développer le PORTE-FOLIO de l’élève où seront capitalisées les compétences acquises au fil des années

A côté des compétences disciplinaires, identifier et valoriser les compétences transversales (péri-scolaires, engagement et initiatives des élèves, WEB RADIO, conseil de vie lycéenne…). En résumé, les parcours éducatifs, systématisés et engrangés dans le PORTE-FOLIO, doivent être privilégiés et bénéficier d’une certaine autonomie…

4) Dans ce NOUVEAU LYCÉE, l’offre de formation des élèves va nécessiter une organisation différente du temps scolaire et, par conséquent, une réorganisation du Service des Enseignants et des différents rôles à créer.

5) LES CLASSES DE SECONDE : elles constituent un enjeu très important. A ce jour, les paliers d’orientation sont organisés de telle sorte qu’il est difficile de repositionner les élèves d’une filière à l’autre, d’un établissement à l’autre, d’un niveau à l’autre. Ces repositionnements sont de plus en plus acceptés par les inspecteurs et c’est une bonne chose. Des classes de seconde de détermination expérimentales doivent pouvoir continuer d’exister tant au Lycée Général et Technologique qu’au Lycée professionnel. Le palier d’orientation en fin de 3e doit demeurer, mais l’être également en fin de 2nde. Passer en 1ère technologique après une 2nde professionnelle ou en 1ère professionnelle après une 2nde professionnelle sont des options à conserver et amplifier

Attention à L’EVALUATION DES ETABLISSEMENTS dans le cadre du nouveau lycée

REMARQUE : aujourd’hui l’évaluation nationale des établissements par le Ministère se fait surtout selon le principe d’un parcours rectiligne homogène : seconde, 1ère, Terminale. Mais qu’en est-il des parcours en « ligne brisée » ? Nous savons que ce type de parcours concerne surtout une certaine classe d’élèves, certains publics défavorisés en étant exclus. Ne serait-il pas plus juste d’attribuer la plus-value aux établissements qui accueillent ces publics en cours de cheminement, les amarrent à l’institution, les motivent assez pour les mener à la réussite ? Nous estimons que le postulat qui consiste à croire que la valeur de l’établissement est liée au nombre d’élèves ayant effectué un parcours rectiligne est au moins réducteur, sinon erroné. La vraie valeur ajoutée consiste précisément à « repêcher » dans les angles morts (souvent invisibles) des élèves qui finiront par réussir.

 

II- ENSEIGNANTS, FORMATION ET MOYENS

1) Si, au Collège, le socle attendu est identifié et semble être maîtrisé par les équipes pédagogiques, les « COMPETENCES COLLECTIVES » doivent être mieux ciblées et prises en compte avec une réflexion sur les conditions d’exercice.

2) Ces compétences collectives, à évaluer chez les élèves, devraient également être à l’ordre du jour des compétences attendues de chaque enseignant, A AJOUTER A LEUR FORMATION INITIALE ET CONTINUE ET A EVALUER.

Si on veut aller jusqu’au bout de la logique de ce lycée nouveau, il faudrait dégager/prévoir un temps de travail globalisé, officialisé, reconnu comme un TEMPS « D’EXPERTISATION » de développement professionnel qui serait intégré dans le Service des enseignants et TEMPS DE CONCERTATION ET DE CO-CONSTRUCTION pour la régulation, l’entretien, l’organisation du temps scolaire, la gestion des groupes, le tutorat, la co-animation (indispensable pour développer le « apprendre à apprendre »).

2 ou 3 heures/semaine ou annualisées…sur un service de temps plein.

3) Des rôles ont déjà pu être déterminés et attribués avec l’instauration des IMP, mais cela reste nettement insuffisant. Il faudrait PLUS D’IMP pour des rôles bien identifiés par établissement pour mener à bien les attendus du nouveau lycée. A côté des conseils pédagogiques, responsables niveaux, responsables orientation, culture, etc., de nombreux rôles et missions restent à distribuer.

4) Plus on individualise les parcours de formation, plus l’organisation doit être souple, ouverte. Cela se fera grâce à un PILOTAGE/LEADERSHIP cohérent, rigoureux, systémique. Par conséquent, LA FORMATION DES CHEFS D’ETABLISSEMENT doit être maintenue avec les mêmes attendus.

5) Les moyens contractualisables (DHG) devraient comporter une part fixe importante pour la mise en oeuvre du référentiel, mais il est important que l’on puisse consacrer un volet de 12 à 15 % de ces moyens à la mise en place de DISPOSITIFS INNOVANTS dans des structures expérimentales qui sortent du cadre habituel. Cette souplesse permettrait de s’adapter à un public différent d’un établissement à l’autre et d’assurer une meilleure formation. Ce volet d’heures dédié à ces expérimentations doit naturellement faire l’objet d’un « rendre compte » et d’une évaluation par rapport aux résultats obtenus : résultats aux examens, poursuite d’étude, performance des équipes pédagogiques…

 

III- Pour une réussite maximale vers la réussite dans l’enseignement supérieur…

…ou vers l’insertion professionnelle des classes préparatoires aux études supérieures

Des dispositifs post-bac déjà expérimentés.

Des classes préparatoires aux études supérieures existent dans un certain nombre d’établissements ; CES CLASSES REPONDRAIENT AU « OUI MAIS »…auquel certains jeunes vont être confrontés.

Le bilan de ces dispositifs est excellent. Face à un public très motivé, le taux de satisfaction est au sommet : élèves confiants et rassurés/ou confortés dans leurs choix, poursuite d’études réussies, satisfaction des familles…Réussite absolue.

Toutes ces classes ne sont pas reconnues ou validées, ou n’ont pas cette appellation, mais le potentiel est important et pertinent. La question qu’il faut se poser est la suivante : puisque le Ministère a fait le choix d’une remise à niveau post-bac pour certains étudiants, ces classes expérimentales qui existent dans certains établissements et qui donnent d’excellents résultats ne pourraient-elles pas jouer le rôle de partenaires auxiliaires de l’Université ou de tremplins à part entière ?